Auregard de la loi, un simple mensonge ne suffit pas à caractériser l'escroquerie et la qualifier de délit. Capital, 22/12/2018, « Escroquerie : définition, plainte et peines » Au niveau cognitif, le mensonge demande bien plus d'énergie que la vérité par rapport à laquelle il se construit. Ça m'intéresse, 13/10/2016, « Cinq idées reçues sur le mensonge »
1 Samuel 30 88 Et David interrogea le Seigneur, disant Dois-je poursuivre cette troupe? dois-je les dépasser? Et il lui répondit Poursuis car tu les rattraperas sûrement, et sans faute tout nous examinerons 30 points de prière pour tout récupérer. Que signifie tout récupérer? Cela signifie simplement reprendre tout ce que le diable vous a pris. Cela signifie posséder toutes vos possessions en arrière du diable. Abdias 117. Avez-vous perdu quelque chose dans la vie, avez-vous eu des revers dans la vie, y a-t-il des choses dans votre vie pour lesquelles vous avez encore besoin d'une intervention divine pour, si oui, ce sont les points de prière pour vous. Alors que vous invoquez le Dieu de voitures classiques, Il se lèvera et vous aidera à maîtriser votre ennemis et vous récupérerez tous vos biens volés au nom de servons un Dieu de guérison surnaturelle, Il a dit à David dans 1Samuel 30 8, sans faute, récupérez tout» alors que vous engagez ces points de prière pour tout récupérer aujourd'hui, vous récupérerez toutes vos bénédictions volées au nom de Jésus. Le Dieu que vous servez entendra vos prières aujourd'hui et vous retrouverez tous vos témoignages au nom de Jésus. Priez cette prière avec foi aujourd'hui. Notre Dieu n'est pas une idole, Il entend, Il voit, Il parle, Il sent et Il répond. Appelez-le aujourd'hui avec foi et attendez-vous à des réponses instantanées au nom de livre du pasteur Ikechukwu. Disponible maintenant sur amazon1. Je récupère toutes mes propriétés confisquées et volées, au nom de Diable, ôte tes mains de ma famille au nom de Je lie tout homme fort qui tient mes héritages captifs, au nom de Je récupère toutes mes propriétés volées aux couvertures des ténèbres, au nom de Laissez les anges de Dieu ordonner des bruits terrifiants pour chasser tous les associés commerciaux passés ou présents têtus et peu coopératifs, au nom de Je possède toutes mes possessions, au nom de Seigneur, restaure sept fois tout ce que les voleurs spirituels m'ont Je lie chaque esprit assis sur ma possession, au nom de Je poursuis, dépasse et reprends toutes mes bénédictions de la main de l'homme fort, au nom de Père, j'envoie ton feu dans le camp de l'ennemi pour détruire leurs biens maintenant au nom de Jésus11. J'ordonne que mon argent mis en cage par l'ennemi soit complètement libéré, au nom Je brise l'épine dorsale de chaque voleur spirituel de ma famille au nom de Père, aide-moi à voir mes fautes et mes fautes et à faire tout ce qui est en mon pouvoir pour les surmonter et les corriger, au nom de Père, montre-moi quoi faire pour que la crise des affaires ne se reproduise plus dans mon entreprise, au nom de Seigneur, donne-moi l'œil d'aigle et les yeux d'Elisée pour prévoir les situations du Seigneur, donne-nous la sagesse de sortir de toute situation commerciale Père, aide-moi à formuler un plan de rétablissement pour nous maintenir au sommet, au nom de Seigneur, envoie-moi des conseillers divins qui peuvent m'aider dans mes affaires au nom de Jésus19. Seigneur, aide-moi toujours à identifier les pièges commerciaux maléfiques au nom de Jésus20. Seigneur, aide-moi à mettre en place des garde-fous pour éviter la faillite de l'entreprise au nom de Jésus21. Que mes propositions soient trop chaudes pour que l'ennemi puisse s'asseoir, au nom de Que les richesses des Gentils me soient transférées, au nom de Jésus23. Je récupère mes bénédictions de l'eau, de la forêt et des caves sataniques, au nom de O Seigneur, crée pour moi de nouvelles opportunités profitables au nom de Jésus25. Toutes les vertus volées et transférées de manière satanique, soient restaurées, au nom de Tout pouvoir assis sur un mauvais tapis contre ma prospérité, tombe et meurs, au nom de Je décrète que les anges de la prospérité retireraient les richesses des impies et me les transféreraient, au nom de Toute adversité impénitente travaillant contre ma prospérité, reçois les pierres de feu, au nom de29. Je ne paierai pas ma dîme à l'Égypte. Je ne serai pas un serviteur du prêteur, au nom de Chaque argent passé et présent détourné de manière satanique, précipitez-vous dans mon sein, au nom de merci d'avoir répondu à mes prières au nom de Jésus.
Àl'heure où les médias français se font l'écho de témoignages de plus en plus nombreux sur la torture durant la guerre d'Algérie, comment ne pas évoquer le combat que mena Mgr Duval pour le respect des droits fondamentaux
Brain Light / Alamy Stock Photo Les fausses vidéos très réalistes - ou deepfakes - ont démocratisé la manipulation du contenu visuel pour influencer l’opinion publique et diffuser la désinformation. Deux des principaux experts suisses en matière de deepfake expliquent pourquoi il est de plus en plus facile de tromper l’œil humain. Ce contenu a été publié le 14 août 2021 - 1100 Abraham Lincoln s’en servait pour paraître plus beau et accroître son aura présidentielle, Joseph Staline et Mao Tsé-toung l’utilisaient pour effacer leurs adversaires politiques de la surface de l’histoire la manipulation d’images est au moins aussi ancienne que la photographie. Contenu externe La création de fausses informations a une longue tradition, comme le montre ce sujet de l’émission GéoPolitis de la RTS du Mais s’il fut un temps où seuls les plus expérimentés pouvaient complètement mystifier l’œil humain, c’est aujourd’hui devenu un jeu d’enfant. Il suffit d’un logiciel téléchargé sur Internet, de quelques images prises çà et là sur les moteurs de recherche ou les réseaux sociaux, et n’importe qui peut créer de fausses vidéos et les diffuser comme une traînée de poudre sur le de gens auront vu, par exemple, la fausse vidéo devenue virale de Tom Cruise jouant au golfLien externe ou de la reine Elizabeth II dansantLien externe lors de son allocution de Noël. Désormais, il suffit d’une photo pour créer un bon deepfake», souligne Touradj EbrahimiLien externe, qui dirige le laboratoire de traitement des signaux multimédias à l’École polytechnique fédérale de Lausanne /EPFL.Depuis plusieurs années, l’équipe de Touradj Ebrahimi se concentre sur les deepfakes et développe des systèmes de pointe pour vérifier l’intégrité des photos, vidéos et images circulant sur le Web. Le deepfake utilise l’intelligence artificielle pour générer des images synthétiques si réelles qu’elles trompent non seulement nos yeux, mais aussi les algorithmes utilisés pour les reconnaître. Cette technologie s’est révélée capable de superposer les visages de deux personnes différentes pour créer un faux profil ou une fausse Touradj Ebrahimi et son équipe, la lutte contre les deepfakes est une course contre la montre et contre la technologie la manipulation de l’information a explosé et est devenue un problème de sécurité nationale dans de nombreuses régions du monde avec l’avènement des réseaux sociaux. Des millions de personnes, ainsi que des entreprises et des gouvernements, peuvent créer du contenu et y accéder librement, mais aussi le pays comme la Russie, la Chine, l’Iran et la Corée du Nord sont considérés comme très actifs dans la diffusion de fake news, notamment par l’utilisation de deepfakes, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de leurs frontières nationales, indique Touradj Ebrahimi. Tout récemment, par exemple, un membre du Parlement européen a été victime d’une escroquerie orchestrée pour discréditer l’équipe d’Alexei Navalny au moyen de faux appels vidéo imitant des personnalités de l’opposition veut sa part de véritéUne étudeLien externe du MIT a montré que les fausses nouvelles se propagent jusqu’à six fois plus vite que les vraies sur Twitter. Selon Touradj Ebrahimi, le phénomène des deepfakes est donc particulièrement inquiétant. Les deepfakes sont un moyen très puissant de désinformation, car les gens ont encore tendance à croire ce qu’ils voient», avertit le qualité des vidéos ne cesse également d’augmenter, rendant de plus en plus difficile la distinction entre le vrai du faux. Un État disposant de ressources illimitées ou presque peut créer aujourd’hui déjà des vidéos contrefaites qui sont si réelles qu’elles trompent même les yeux les plus expérimentés», explique Touradj Ebrahimi. Des logiciels sophistiqués peuvent encore reconnaître les manipulations, mais le professeur de l’EPFL estime que même les machines ne seront plus en mesure de distinguer les vrais contenus des faux d’ici deux à cinq ans. Contenu externe Dans un reportage diffusé le 21 mars 2021, les journalistes de l’émission de la RTS Mise au point montraient comment fabriquer un deepfake de A à Z. Toujours plus de manipulations»Au début, les fausses vidéos étaient principalement utilisées pour créer des clips amusants d’acteurs et d’autres personnes connues ou dans les jeux vidéo. Certaines de ces vidéos peuvent avoir des applications positives, souligne Touradj Ebrahimi. Les deepfakes ont déjà été utilisés en psychothérapie, pour soulager la souffrance de ceux qui ont perdu un être cher», explique le s’est produit aux Pays-Bas, où un parent en deuil a créé un deepfake de sa fille décédée prématurément, afin de lui dire adieu. Le site de généalogie MyHeritage est capable de faire quelque chose de similaire grâce à son outil DeepNostalgiaLien externe, il peut ressusciter» des parents décédés en animant leur visage sur des avec les progrès technologiques, les deepfakes sont devenus un outil efficace de dénigrement, notamment au détriment des femmes, ou un moyen d’extorquer de l’argent et de manipuler l’opinion publique. Les cybercriminels les ont même exploités pour inciter des entreprises à leur envoyer de l’argent en se faisant passer pour le PDG et en simulant une demande urgente de virement bancaire.Pour l’instant, il n’y a que quelques manipulations de ce genre, mais à mesure que la technologie mûrit, nous en verrons de plus en plus», prédit Sébastien MarcelLien externe, chercheur à l’institut de recherche suisse IdiapLien externe, l’un des spécialistes mondiaux de l’intelligence artificielle et perceptuelle. Il explique que la technologie deepfake actuelle ne permet de manipuler que le contenu visuel, mais pas l’audio. Les voix, quand elles ne sont pas extraites d’autres vidéos, sont imitées par un professionnel.Les fakes audio représentent encore un défi, mais à l’avenir, nous verrons des deepfakes ultraréalistes, capables de reproduire fidèlement l’image et la voix de n’importe qui en temps réel», estime le chercheur. À ce moment-là, des manipulations telles que la création d’un faux scandale concernant un rival ou un concurrent commercial, par exemple, deviendront facilement la réalitéAu fur et à mesure que la sensibilisation aux deepfakes augmente, l’incertitude quant à ce qui est réel et ce qui ne l’est pas peut avoir un effet inattendu et créer une culture de déni plausible» dans laquelle personne n’est prêt à prendre ses responsabilités parce que tout pourrait être truqué, affirme la chercheuse Nina SchickLien externe dans son livre Deepfakes The Coming les vidéos réelles peuvent être confondues avec du contenu manipulé. Au Gabon, le président Ali Bongo, qui avait été absent de la scène publique pendant plusieurs semaines afin d’être soigné à l’étranger, a été pris pour un deepfake, ce qui a provoqué le soulèvement d’une poignée de soldats putschistes.Les deepfakes pourraient donner à n’importe qui le pouvoir de falsifier n’importe quoi, et si tout peut être falsifié, alors n’importe qui peut prétendre à un déni plausible», argumente Nina Schick. L’experte estime qu’il s’agit là de l’un des plus grands dangers sociaux posés par les deepfakes. Combattre la culture des fake news»La bonne nouvelle est que l’Union européenne n’a pas pris le problème à la légère. Des projets de financement comme Horizon Europe encouragent la recherche sur les vidéos truquées. Nous nous attendons à voir davantage d’appels de l’UE sur les deepfakes dans les années à venir», déclare Sébastien le plan technique, s’attaquer aux deepfakes signifie être proactif et se concentrer sur les vulnérabilités des systèmes. Mais ce n’est pas toujours aussi simple, avertit le chercheur de l’Idiap. Les processus académiques pour obtenir des financements sont lents». Pendant ce temps, les technologies qui sous-tendent les deepfakes se développent de plus en plus Ebrahimi et Sébastien Marcel s’accordent à dire que pour lutter contre les fake news, il est essentiel de sensibiliser et d’éduquer la population, afin qu’elle développe une conscience critique et un sens plus profond de la responsabilité civique. Nous devons apprendre à nos enfants à remettre en question ce qu’ils voient sur Internet, affirme Touradj Ebrahimi, et à ne pas diffuser n’importe quel contenu sans discernement.» En conformité avec les normes du JTI Plus SWI certifiée par la Journalism Trust Initiative NousENCOURAGEONS la recherche de la Connaissance et de la Conscience dans tous les domaines qui en valent la peine, comme le meilleur moyen de discerner le mensonge de la vérité. Voici ce que nous pouvons dire au lecteur: nous travaillons très dur, plusieurs heures par jour, et nous le faisons depuis de nombreuses années, pour découvrir la raison de notre existence sur NDLR Voici l’interview récente faite par l’équipe de Reiner Fuellmich de l’archevêque Mgr Carlo Maria Viganò. Mgr Vigano est l’un des rares membres éminents de l’Eglise Catholique à s’être élevé contre la gestion de la pandémie. Il est sans doute aussi celui qui a été le plus audible, bien que d’autres – pas assez nombreux – se soient aussi élevés contre la dictature sanitaire et les injections géniques Covid Mgr Schneider, le Cardinal Müller, Mgr Raymond Burke, le Cardinal Janis Pujats, Mgr Tomash Peta, Mgr Joseph E. Strickland, Mgr Jan Pawel Lenga, voir aussi la Déclaration de Bethléem du 15 décembre 2021 et l’appel pour l’Église et pour le monde aux fidèles catholiques et aux hommes de bonne volonté de mai 2020 dont on peut voir les premiers signataires ici. Voir aussi la partie 2 de l’interview ici Comité Corona Votre Excellence, de nombreuses personnes vous connaissent et vous apprécient beaucoup pour avoir été un homme sincère dans un environnement souvent malhonnête, même pendant votre service au Vatican. Vous avez servi comme diplomate de haut niveau, en particulier comme nonce du Vatican aux États-Unis, représentant le pape auprès des Églises locales aux États-Unis. C’est pour nous un grand honneur et une grande joie de pouvoir vous parler aujourd’hui. Mais avant d’entrer dans le vif du sujet et de vous demander votre avis sur la situation politique mondiale, notamment en ce qui concerne la crise dite de Corona, veuillez nous parler un peu de votre histoire personnelle, afin que les spectateurs qui ne vous connaissent pas encore sachent qui vous êtes. Mgr Viganò Tout d’abord, je voudrais vous adresser mes salutations les plus cordiales, Monsieur l’Avocat Reiner Füllmich, ainsi qu’à tous vos collaborateurs et collègues, et vous rendre hommage pour avoir développé l’idée de la Commission Corona. Vos recherches sur la gestion de l’urgence Covid-19 et des essais de masse contribuent largement à rassembler des preuves afin de traduire les responsables en justice et de les punir. C’est une contribution importante en vue de la création d’une alliance antimondialiste, car les auteurs de la farce de la pandémie sont les mêmes personnes qui veulent aujourd’hui pousser le monde vers une guerre totale et une crise énergétique permanente. En ce qui concerne ma carrière », il n’y a pas grand-chose à dire je suis un archevêque catholique qui a occupé différents postes à responsabilité au Vatican, aussi bien à la Secrétairerie d’État du Saint-Siège qu’au gouvernorat de l’État de la Cité du Vatican et en tant que nonce apostolique au Nigeria et enfin, par la volonté de Benoît XVI, aux États-Unis. Ma notoriété — totalement involontaire — résulte de ma position sur le scandale sexuel de l’ancien cardinal américain Theodore McCarrick et d’autres affaires, non moins graves, impliquant des membres haut placés de la hiérarchie. En tant que successeur des apôtres, je ne pouvais pas rester silencieux face aux tentatives de dissimulation de ces faits honteux par la soi-disant mafia de la lavande, qui bénéficie du soutien et de la protection de Bergoglio. Comité Corona vous avez un CV impressionnant — mais si l’on cherche votre nom dans les anciens médias mainstream, on trouve des articles diffamatoires qui vous accusent, entre autres, de diffuser de la propagande du Kremlin et de faire des déclarations confuses. En y regardant de plus près, il nous semble que ce n’est pas du tout le cas, bien au contraire, vous restez plutôt fidèle à votre réputation d’homme sincère même dans un environnement peu sincère, même si cela vous porte préjudice personnellement. Où voyez-vous la césure » ou la rupture » dans votre parcours, où cette vertu a été transformée en tare par les anciens médias ? Quelle ligne rouge avez-vous franchie ; sur quel sujet votre franchise est-elle devenue un danger pour le récit public ? Mgr Vigano Les fausses accusations sont l’un des moyens utilisés par ceux qui veulent éliminer un adversaire qu’ils craignent et ne peuvent pas combattre loyalement. En l’occurrence, je suis considéré comme inconfortable tant par les représentants de l’Église profonde que par la cabale bergoglienne, dont je dénonce les scandales et les dissimulations depuis l’affaire McCarrick. Et je suis tout aussi inconfortable pour l’État profond, qui a pu compter sur la complicité du Saint-Siège ainsi que de la quasi-totalité de l’épiscopat mondial dans les événements de ces dernières années. La voix dissonante d’un évêque, en particulier lorsqu’il formule des plaintes fondées sur des faits irréfutables, risque de remettre en question le récit officiel, tant en ce qui concerne le prétendu renouveau de l’Église sous ce pontificat » que la farce de la pandémie et la vaccination » de masse. Même dans la récente crise entre la Russie et l’Ukraine, l’élite mondialiste, l’OTAN, l’État profond américain, l’Union européenne, le Forum économique mondial, toute la machinerie médiatique et le Vatican sont du même côté. L’intervention de Poutine en Ukraine est considérée comme une menace pour le Nouvel Ordre Mondial, qui doit être neutralisée, même au prix d’un conflit mondial. Si je dois donc identifier un point de rupture » sur le front ecclésial, il a définitivement coïncidé avec ma dénonciation du réseau de complicités et des scandales de clercs et de prélats corrompus que Bergoglio a délibérément et obstinément tenté d’étouffer. Sur le front civil, la ligne rouge me semble avoir été franchie avec mon Appel pour l’Église et le monde d’il y a deux ans [en mai 2020], dans lequel je dénonçais la menace que représentait le coup d’État silencieux mené à l’aide de l’état d’urgence sanitaire. L’urgence énergétique et l’urgence alimentaire font toujours partie, avec l’urgence guerrière, des scénarios » inquiétants que le Forum économique mondial et les Nations unies ont décrits de manière très détaillée longtemps à l’avance. Lorsqu’un jour, pas si lointain, un tribunal jugera ces criminels et leurs complices dans les institutions de presque toutes les nations occidentales, ces documents constitueront la preuve de la préparation du plus grand coup d’État de tous les temps. Et la même chose se produira en ce qui concerne les affaires ecclésiastiques, montrant que la déviation doctrinale et morale qui a commencé avec le Concile Vatican II a créé les conditions nécessaires à la corruption doctrinale et morale du clergé et à la délégitimation simultanée de l’autorité des pasteurs. N’oublions pas que les processus révolutionnaires se sont toujours appuyés sur les vices et les faiblesses de leurs représentants, aussi bien pour détruire l’État que pour affaiblir l’Église. Comité Corona Votre Excellence, la crise Corona et Measures entre dans sa troisième année ; entre-temps, la conduite de la guerre à l’Est et surtout l’incitation massive à la guerre par la politique et les médias sont venues s’y ajouter. Comment jugez-vous cette évolution ? Mgr Vigano Clarifions un point fondamental La crise ukrainienne a été sciemment provoquée par l’État profond afin de contraindre le monde à mettre en œuvre les réformes du Great Reset, notamment ce que l’on appelle la transition technologique » et le tournant vert ». C’est la deuxième étape du coup d’État technocratique mondialiste après la farce de la pandémie. La psychopandémie était la première étape d’une véritable attaque visant à prendre le contrôle des gouvernements. En réalité, ils ne cherchent aujourd’hui qu’à contourner le pouvoir politique, qui n’était jusqu’à présent qu’un simple exécutant d’ordres. Sous prétexte de pandémie, ils ont mis en place des systèmes de contrôle détaillé de la population, y compris des systèmes de traçabilité des citoyens individuels inoculés avec le sérum génétique expérimental. Pas plus tard que ces derniers jours, le PDG de Pfizer Albert Bourla a déclaré au Forum de Davos Imaginez une puce biologique contenue dans une pilule qui, lorsqu’elle est avalée, passe dans l’estomac et envoie un signal. […] Imaginez les applications, la possibilité de rendre les gens dociles. […] Ce qui se passe dans ce domaine est fascinant » ici. Et Albert Bourla dit ce qui se passe » parce qu’il parle de technologies existantes et non de projets imaginaires. L’existence du graphène et des nanocircuits auto-assemblés est désormais admise même par ceux qui, il y a un an encore, traitaient de conspirationnistes » ceux qui tiraient la sonnette d’alarme. Les populations des pays qui ont adhéré à l’Agenda 2030 sont désormais pour la plupart vaccinées », ou plutôt génétiquement modifiées, et leur système immunitaire est désormais affaibli de manière irréversible. Et peut-être — comme le dénoncent maintenant certains juristes — découvrira-t-on qu’on leur a injecté, en même temps que le sérum génétique, des puces capables de contrôler même les réactions des gens, d’influencer leur comportement et de les rendre dociles en cas de troubles, ou violents s’il est nécessaire d’avoir un prétexte pour des interventions militaires. Nous sommes bien au-delà d’un coup d’État global il s’agit de la plus grande, de la plus retentissante, de la plus inédite attaque contre la personne humaine contre la liberté de l’homme, sa conscience et sa volonté. On imagine bien le risque qu’il y a à confier à l’OMS le contrôle souverain des systèmes de santé de différents pays en cas de pandémie, alors que ceux qui doivent décider des campagnes de vaccination et des traitements, des mesures d’endiguement et de confinement, sont tous financés par les grands groupes pharmaceutiques et par la Fondation Bill & Melinda Gates, qui théorise sur la pandémie éternelle et le vaccin de rappel éternel. Même la résolution qui devait être votée à l’OMS — et qui a été empêchée, du moins pour le moment — allait dans le sens d’un contrôle total par la synarchie mondialiste. Il ne faut donc pas s’étonner si l’OMS, dans une tentative lamentable de dissimuler les effets secondaires du sérum génétique expérimental, tire maintenant la sonnette d’alarme au sujet de la prétendue variole du singe, dont la symptomatologie ressemble étrangement à certains des effets secondaires du vaccin » à ARNm ici. Tant l’OMS que l’Agence européenne des médicaments financée à 75 % par BigPharma ont montré qu’elles se trouvent dans un conflit d’intérêts évident et qu’elles sont totalement dépendantes de l’industrie pharmaceutique. En ce qui concerne la crise russo-ukrainienne, ce qui aurait dû être une opération de paix visant à mettre fin à la persécution ethnique de la minorité russophone d’Ukraine par des extrémistes néonazis s’est délibérément et coupablement transformé en guerre. Les appels répétés du président Poutine à la communauté internationale pour qu’elle respecte le protocole de Minsk sont tombés dans l’oreille d’un sourd. Pourquoi ? Pour la simple raison qu’il s’agissait d’une excellente opportunité. Tout d’abord, c’était l’occasion de créer artificiellement une crise énergétique mondiale afin de forcer la transition vers des sources d’énergie alternatives, avec tout le business que cela implique. Sans crise, comment imposer l’augmentation des prix du gaz et de l’essence comme instrument pour contraindre les entreprises et les individus à la fameuse transition écologique » que personne n’a jamais choisie et qui a été imposée par des bureaucrates, eux-mêmes asservis par les élites ? Deuxièmement, pour détruire de manière contrôlée et impitoyable toutes les entreprises considérées comme inutiles ou nuisibles à l’économie globale des multinationales. Des millions d’entreprises artisanales, de petites entreprises qui font l’originalité des nations d’Europe et de l’Italie en particulier, ont été contraintes à la fermeture parce que, après les catastrophes provoquées par les bouclages et les règles de la psychopandémie, on a provoqué une hausse des prix du gaz et du pétrole, avec des spéculations criminelles du marché » et sans que la Fédération de Russie n’obtienne un centime de plus. Tout cela a été provoqué par l’Union européenne, sur ordre de l’OTAN, à l’aide de sanctions qui se répercutent sur ceux qui les ont imposées. L’effondrement de l’économie traditionnelle n’est pas la conséquence malheureuse d’un conflit inattendu, mais l’action criminelle délibérée d’une mafia mondiale, en comparaison de laquelle la mafia traditionnelle apparaît comme un partenariat avantageux. L’avantage de cette opération subversive profite aux multinationales, qui peuvent racheter des entreprises et des biens immobiliers à des prix défiant toute concurrence, ainsi qu’aux sociétés financières, qui bénéficient de crédits accordés à des millions de nouveaux pauvres. Là encore, les objectifs idéologiques — et diaboliques — de l’élite se servent de la complicité de potentats économiques dont l’objectif est tout simplement de faire du profit. Avec la guerre, l’industrie de l’armement et la non moins florissante industrie des technologies de l’information et des mercenaires ont désormais la possibilité de conclure des affaires lucratives qui leur permettent de récompenser généreusement les politiciens qui ont voté pour la livraison d’armes et de soutien à l’Ukraine. Troisièmement, la guerre en Ukraine devait notamment servir à étouffer le scandale Hunter Biden qui, avec la société Metabiota, a financé des laboratoires biologiques dans lesquels sont fabriquées des armes bactériologiques de destruction massive. Le siège de l’aciérie d’Azovstal était justement justifié par la nécessité de cacher aussi bien les membres des troupes étrangères de l’OTAN avec les néonazis d’Azov et de Pravij Sektor que les laboratoires biologiques interdits par les conventions internationales et dans lesquels des expériences devaient être menées sur la population locale. Quatrièmement, parce que le récit de la pseudo pandémie, malgré la complicité des médias mainstream, n’a pas pu empêcher la vérité d’éclater au grand jour et de se répandre progressivement dans des cercles de plus en plus larges de l’opinion publique la crise ukrainienne devait être une opération bien organisée visant à détourner l’attention des masses afin d’empêcher que les nouvelles de plus en plus incontrôlables sur les effets mortels du sérum expérimental et les conséquences catastrophiques des mesures prises par les nations pendant la pandémie d’urgence ne soient connues. La falsification des données est désormais évidente ; la dissimulation délibérée des résultats de la première phase de l’expérience est admise par les entreprises pharmaceutiques elles-mêmes ; l’inutilité des masques et du confinement est prouvée par plusieurs études ; les dommages causés à l’équilibre psychophysique de la population et en particulier aux enfants et aux personnes âgées sont incalculables, tout comme les dommages causés aux étudiants par l’enseignement à distance. Retenir les gens devant la télévision ou dans les médias sociaux avec de la propagande antirusse pour les empêcher de comprendre ce qui leur a été fait est le moins que puissent faire ces criminels fous, des criminels qui sont autant responsables de la pandémie que de la crise russo-ukrainienne. Si nous examinons le scénario de ce drame planifié par l’élite mondialiste, nous constatons qu’en plus du scénario de la pandémie, il existe d’autres scènes planifiées qui ne sont pas moins inquiétantes et que nous pouvions déjà prévoir depuis l’année dernière dans les médias la crise énergétique, qui n’est pas la conséquence regrettable d’une crise imprévisible en Ukraine, mais plutôt un moyen d’imposer d’une part l’ économie verte », justifiée par une urgence climatique inexistante, et d’autre part de détruire les économies nationales, en poussant les entreprises à la faillite au profit des multinationales, en créant du chômage et donc une main-d’œuvre sous-payée, en obligeant les nations à s’endetter parce qu’on les a dépossédées de leur souveraineté fiscale, ou en tout cas à s’endetter durablement à cause des prélèvements obligatoires. L’urgence alimentaire est aussi dans le scénario de Klaus Schwab elle a commencé pour certains produits aux États-Unis et en Europe, et plus généralement pour les céréales et les produits céréaliers dans de nombreux pays d’Afrique et d’Asie. Nous découvrons ensuite que Bill Gates est le plus grand propriétaire terrien des États-Unis lorsqu’il y a une pénurie de céréales et de produits agricoles ; et que Gates est le patron d’une start-up qui produit du lait humain artificiel » lorsqu’il y a une pénurie de lait en poudre pour les bébés aux États-Unis. Et n’oublions pas que les multinationales de l’agroalimentaire parviennent à imposer l’utilisation de leurs semences stériles — qu’il faut racheter chaque année — et à interdire l’utilisation des semences traditionnelles, ce qui permettrait aux pays pauvres de ne pas être dépendants d’elles. Celui qui a conçu la série de crises actuelles, dont les racines ont été posées au début des années 1990 avec la privatisation des entreprises publiques, a également veillé à ce que les personnes formées à cet effet par le Forum économique mondial siègent dans les gouvernements, les institutions et les agences internationales, à la tête des banques centrales et des grands actifs stratégiques, dans les médias et dans les principales religions du monde. Regardez les Premiers ministres des principaux pays européens, du Canada, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande ils ont tous été recrutés au sein du groupe des Young Global Leaders for Tomorrow », et le fait qu’ils siègent aux plus hauts niveaux de direction de ces nations, de l’ONU et de la Banque mondiale devrait être plus que suffisant pour les traduire en justice pour subversion et trahison. Ceux qui ont juré d’appliquer les lois dans l’intérêt de leurs propres nations commettent un parjure au moment où ils doivent répondre de leurs propres actions non pas devant les citoyens de leurs nations, mais devant des technocrates sans visage que personne n’a élus. Il est facile de rejeter tout cela comme une théorie du complot », mais un tel rejet n’est plus tenable, pas plus que l’accusation de complicité » à l’encontre de quiconque exprime sa perplexité face à la crise russo-ukrainienne et à sa gestion au niveau international. Ceux qui ne veulent pas comprendre l’intrigue, parce qu’ils ont peur de ce qu’ils pourraient découvrir, s’obstinent à nier qu’il y ait un scénario et un metteur en scène, qu’il y ait des acteurs et des figurants, des décors et des costumes. Mais peut-on vraiment croire que les personnes les plus riches et les plus puissantes du monde ont accepté de lancer une telle attaque contre l’humanité pour réaliser leur rêve mondialiste délirant, en déployant une quantité énorme d’énergie et de ressources, sans avoir tout planifié au préalable dans les moindres détails et en laissant tout au hasard ? Si les personnes qui veulent acheter une maison ou créer une entreprise planifient tout avec soin, pourquoi s’agirait-il d’une théorie du complot » lorsqu’elles réalisent que l’élite doit recourir au mensonge et à la tromperie pour obtenir des résultats inconcevables et criminels ? Si vous me permettez une analogie, je dirais que notre attitude face aux faits actuels est comparable à quelqu’un qui doit assembler un puzzle composé de milliers de pièces sans avoir l’image finale devant lui. Ceux qui ont assemblé le puzzle » mondialiste l’ont fait dans l’intention de rendre méconnaissable l’image finale de ce qu’ils veulent obtenir. Mais celui qui voit l’image complète, ou même une partie importante, commence à voir comment les pièces s’assemblent. Et celui qui a vu l’image finale sait aussi comment interpréter le silence et la connivence des fonctionnaires du gouvernement et même des partis d’opposition, comment expliquer la complicité des médecins et des ambulanciers dans les crimes commis dans les hôpitaux contre toutes les connaissances scientifiques, et la complicité des évêques et des prêtres qui sont allés jusqu’à refuser les sacrements aux personnes non vaccinées. Dès que de grandes pièces du puzzle seront visibles — et c’est ce qui se passe actuellement —, il sera beaucoup plus facile de mettre les autres pièces à leur place. Et alors, Klaus Schwab, George Soros, Bill Gates, les autres conspirateurs et ceux qui dirigent dans l’ombre cette conspiration mondiale criminelle seront en fuite pour ne pas être lynchés. + Carlo Maria Viganò, archevêque 27 mai 2022 Sources et MPI Cet entretien au format pdf Post Views 216
Résuméde Au nom de la vérité : Manipulations en entreprise. Chacun d'entre nous s'est déjà retrouvé au moins une fois, au coeur de la tourmente «Au nom de la vérité» est une fiction quotidienne de vingt-six minutes qui s'attache à des héros du quotidien en prise avec une décision capitale. Chaque épisode est une tranche de
À l’occasion de leur neuvième édition, début janvier 2019, sur le thème du Progrès, Les Napoléons ont organisé un dialogue sur le conspirationnisme entre Lucas Menget, Directeur Adjoint de la rédaction de France Info, et Rudy Reichstadt, fondateur de Conspiracy Watch. Connaissez-vous les chemtrails ou les flatters ? Savez-vous qu’Elvis n’est pas mort et qu’il chille tranquillement avec Xavier Dupont de Ligonnes à Courchevel ? Quand les complots prennent des allures de nanars de science-fiction, nous sourions. Mais que faisons nous quand l’imagination dérive et que la vérité historique, juridique ou factuelle disparaît ? Que faisons-nous quand l’Holocauste n’existe plus parce que trois imbéciles dans une vidéo ont entouré une ombre et que, selon la formule consacrée, Ils posent la question » ? Comment rapporter la vérité quand l’information est devenue une guerre ? Rudy Reichstadt, fondateur de Conspiracy Watch, l’Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot, et Lucas Menget, correspondant de guerre et Directeur Adjoint de la rédaction de France Info, partagent ici les dernières nouvelles du front. Un entretien réalisé lors de la 9ème édition des Napoléons, consacrée au Progrès. Alexandre Kouchner Pour dire la vérité, il faut employer les bons mots. Fake news, complotisme, conspirationnisme, post-vérité … De quoi parle-t-on précisement ? Rudy Reichstadt Les fausses nouvelles existent depuis très longtemps. La loi de 1881 sur la liberté de la presse les définit et les sanctionne déjà. Une fausse nouvelle est un contenu faux, ou suffisamment éloigné de la réalité des faits pour la dénaturer, diffusé dans un but trompeur. Quand un journaliste professionnel se trompe et se corrige, cela relève de l’erreur. Une tribune ou un billet d’humeur relève de l’opinion. Un contenu publié dans une perspective manifestement satirique n’a pas pour but de tromper mais de faire rire ou réfléchir. C’est l’intention de tromper qui est absolument centrale dans les fake news. On entend cette petite musique complotiste dès que les médias professionnels sont présentés comme des rouages d’une gigantesque mécanique à tromper le public » Toutes les fausses nouvelles n’ont pas forcément un caractère complotiste mais, parce que précisément elles ont pour effet de vous révéler » des choses introuvables dans les médias classiques, elles revêtent souvent une dimension conspirationniste. Il s’agit de dénigrer les médias dominants ». On entend cette petite musique complotiste dès que les médias professionnels sont présentés comme des rouages d’une gigantesque mécanique à tromper le public, comme des serviteurs des puissants » tapis dans l’ombre. La montée en puissance des médias alternatifs » dits de ré-information » ne peut pas être comprise hors de cette perspective. Il faut la réinscrire dans le long et patient travail d’influence méta-politique mis en œuvre depuis plus de dix ans par la complosphère, et notamment par la plateforme la plus dynamique de cette galaxie complotiste, Egalité & Réconciliation, le site d’Alain Soral, qui se définit lui-même comme national-socialiste ». Capture d’écran de la home du site Égalité et RéconciliationLe complotisme relève-t-il forcément d’une idéologie d’extrême droite ? Rudy Reichstadt Le conspirationnisme est un discours qui peut être mis au service de camps politiques tout à fait rivaux. Mais la mouvance complotiste la plus influente aujourd’hui est assez bien circonscrite. Très largement d’extrême droite, elle est complètement intriquée avec la mouvance négationniste. On y trouve des personnalités comme Dieudonné ou Alain Soral, qui emmènent un attelage hétéroclite de gens venant aussi bien de l’extrême droite traditionnaliste que de l’anti-impérialisme d’extrême gauche, des marxistes défroqués que des nationalistes radicaux. Avec l’antisémitisme comme dénominateur commun. Il faut tordre le cou à cette idée reçue selon laquelle les complotistes seraient plus suspicieux, plus sceptiques » que la moyenne. Ce sont des croyants comme les autres » Après, le conspirationnisme n’est pas à proprement parler une idéologie. C’est un discours politique. Ce peut être une certaine disposition psychologique, une mentalité », mais qui ne doit pas être réduite à un trouble psychique ou psychiatrique. À cet égard, il faut tordre le cou à cette idée reçue selon laquelle les complotistes seraient plus suspicieux, plus sceptiques » que la moyenne. Ce sont des croyants comme les autres. Le conspirationnisme relève du champ des croyances. S’ils sont souvent très critiques » sur les faits qui ne cadrent pas avec la thèse qu’ils défendent, ils sont d’une crédulité désarmante face à tous les éléments susceptibles de la conforter. Leur doute » est toujours sélectif. C’est phénomène classique de dénégation la théorie du complot sert à congédier une réalité déplaisante. En disant que la vérité est ailleurs », le conspirationniste ne fait rien d’autre que de dire au réel d’ aller se faire voir ailleurs », pour reprendre les mots du philosophe Clément Rosset. Rudy Reichstadt / © Fondation Jean JaurèsComment est-ce que les équipes de France Info vivent et travaillent au quotidien avec le conspirationnisme ? Lucas Menget On se sent désarmés. Les gilets jaunes sont un exemple facile mais il y en a d’autres. Mehdi Nemmouche est jugé en ce moment pour la tuerie du musée l’Histoire hébraïque de Bruxelles il a depuis été condamné à la réclusion à perpétuité pour les quatre assassinats terroristes » commis en 2014, ndlr. La ligne de défense officielle de ses avocats est directement complotiste Nemmouche serait un agneau qui est allé sur commande assassiner des agents du Mossad ! Deux amis proches ont été ses otages en Syrie Didier François et Edouard Elias. Ils étaient quatre à témoigner, à décrire leur tortionnaire et leur geôlier, l’un des types les plus sanguinaires qu’il ait rencontré pendant leur détention. Mais la ligne de défense complotiste se répand comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux malgré notre travail … Je ne m’exprime pas au nom de tous les journalistes mais je suis inquiet. J’ai l’impression qu’on n’arrive plus à contrer ces mensonges nébuleux. Aujourd’hui, une partie de la population ne nous croit absolument plus. Cette remise en cause est terrifiante. On fait des erreurs et on les reconnaît. C’est peut être ça la différence entre des journalistes et des conspirationnistes » Alors on est en train de se réorganiser. La crise des gilets jaunes peut avoir un effet bénéfique dans les chaînes d’info en continu parce qu’on est très attaqués, parfois à juste titre. On fait des erreurs et on les reconnaît. C’est peut être ça la différence entre des journalistes et des conspirationnistes. Mais quand Maxime Nicole fait une interview où il met en doute l’attentat de Strasbourg et de Nice, elle est partagée dix fois plus que nos infos… Lucas Menget / © Radio France – Christophe AbramowitzSi la vérité est si fragile, le métier et la dignité des journalistes consistent-ils quand même à tendre un micro à des conspirationnistes ? N’y a t-il pas un contre-discours à apporter, un moment où dire Ce que vous dites est dangereux et je ne peux pas m’en faire l’écho » ? Lucas Menget Ce n’est pas au journaliste de dire Vous êtes dangereux ». Il faut aller à la rencontre des complotistes pour montrer le danger des réponses sans jamais le juger. Il faut aussi faire entendre d’autres paroles. L’exemple le plus frappant, c’est celui des gilets jaunes qui passent leur temps à dire que BFM TV est une chaîne aux mains du grand capital mais qui la regardent toute la journée et lui font faire des audiences exceptionnelles ! France Info est aussi très attaquée et nos audiences sont aussi exceptionnelles depuis le début du mouvement. On est extrêmement critiqué et extrêmement regardé ! Il y a un phénomène qui dépasse complètement les compétences du journaliste. C’est pour ça que le journalisme doit aujourd’hui s’allier avec des scientifiques et des chercheurs pour comprendre comment l’information circule. Quand un journaliste poste une information sur Twitter, il passe à autre chose un jour les gilets jaunes, le lendemain l’audience de Carlos Ghosn. Un conspirationniste va passer sa journée, sa semaine, à faire grossir la fausse information. La nébuleuse complotiste est organisée. Nous ne sommes pas armés pour y faire face. On n’est pas suffisamment nombreux. L’information est un combat. Il ne faut pas abandonner et s’organiser… Dans ce type de mouvances, les vérités de fait passent au second plan. Ce qui importe, c’est la Vérité » générale, surplombante » Jean-François Marion vient de publier Psychologie de la connerie Sciences Humaines, 2018, un livre dans lequel il écrit qu’il y a moins de cons qu’avant » mais qu’ avec Internet ils se voient plus ». Faites-vous le même constat avec les complotistes ? Ou bien sont-ils réellement plus nombreux qu’avant ? Rudy Reichstadt Internet est une chambre d’écho. C’est parce qu’elles sont plus visibles que ces fausses informations circulent et influencent plus encore qu’auparavant. Dans les années 1990, si vous vouliez lire les Protocoles des Sages de Sion, il fallait vous rendre dans une librairie d’extrême droite. Aujourd’hui, ce faux antisémite est accessible en deux clics depuis Google. Si vous avez un intérêt pour ce genre de choses, vous serez mis immédiatement en contact avec des gens qui nourrissent le même intérêt et l’alimenteront en retour. Là où, autrefois, vous auriez pu être découragé et passer à autre chose, les réseaux sociaux vont vous galvaniser parce que vous allez y trouver une communauté de croyants qui vont entretenir la flamme de votre croyance. On ne doit jamais perdre de vue que le rapport à la vérité que l’on rencontre dans ce type de mouvances est extrêmement problématique. Les vérités de fait passent au second plan. Ce qui importe, c’est la Vérité » générale, surplombante, au nom de laquelle on agit. C’est pour cela qu’en dépit des libertés extrêmes qu’ils prennent parfois avec la réalité factuelle, les démagogues et les leaders populistes sont souvent crédités par leurs partisans de parler vrai ». Face à cela, ceux qui restent soucieux des faits sont vus comme ayant une conception mesquine de la vérité. France Info a quand même la confiance d’une grande majorité des Français. C’est le premier site d’information de France, la rédaction est fournie avec des journalistes de terrain et des correspondants en région… Si même France Info a du mal à suivre, comment on fait ? Quels sont les mécanismes pour ne pas complètement perdre de vue la vérité ? Rudy Reichstadt D’abord, il ne faut pas minimiser l’importance de ce phénomène. On a longtemps expliqué que le complotisme était ultra-minoritaire, ne concernait que des marginaux, et que c’était leur faire trop d’honneur que de s’intéresser à leurs arguments. Or on ne peut plus faire l’économie d’un travail de contre-argumentation. Il faut prendre les théories du complot pour ce qu’elles sont des discours qui ont une fonction politique. Il faut confronter ces arguments aux faits, les vérifier et les déconstruire. Une bonne méthode est de pousser ces théories jusqu’au bout de leurs implications logiques. De fil en aiguille, les complots présumés deviennent tellement importants, impliquent tellement de personnes sur des échelles de temps tellement longues que leur invraisemblance finit par devenir évidente. Arrive un moment où même le complotiste le plus acharné n’a plus rien à répondre, il est contraint de se réfugier dans la croyance en un complot encore plus énorme ou de changer de sujet. Lucas Menget On peut les démonter par l’absurde, y compris sur nos antennes, dans un cadre assez défini. Et puis il y a une chose importante retourner sur le terrain. Depuis quelques années, la presse a un peu lâché le terrain pour des raisons économiques et intellectuelles. On a cru qu’il n’y avait plus besoin d’envoyer des équipes car tout est accessible en temps réel. C’est faux. Je reste un reporter et j’y croirai toute ma vie. Il y a des exemples qui ont montré à quel point ça marche. Quand Jeff Bezos reprend le Washington Post, tout le monde craint la reprise en main par Amazon. Effectivement, il a foutu plein de monde dehors. Mais ensuite, il a réinvesti et embauché énormément. Il y a plus de journalistes aujourd’hui au Washington Post qu’il n’y en avait il y a cinq ans, et ses chiffres sont aujourd’hui exceptionnels. Le New York Times a fait exactement la même chose il a investi dans le reportage et l’investigation. Mais ça suppose que les médias aient de l’argent. Esther Vargas / CC BY-SA du terrain, de l’investigation, cela a un coût. Il faut des budgets pour aller sur les ronds-points où nous aurions du être en permanence dès le début, jour et nuit, pour écouter les gilets jaunes, leur parler et faire entendre leur voix. C’est notre boulot d’aller sur le terrain et de faire parler les gens, de leur poser des questions intelligentes pour mettre en balance des théories complètement absurdes. Les réseaux sociaux n’ont pas créé » les complots. Pourquoi sont-ils aujourd’hui aussi virulents et omniprésents dans le débat public ? Rudy Reichstadt C’est une responsabilité largement partagée. Les réseaux sociaux et leurs algorithmes, qui encouragent ce type de contenus, y ont leur part. Mais les médias professionnels aussi, de même que certains responsables politiques qui font un usage parfois abusif des fausses informations. Certains États et gouvernements étrangers alimentent par ailleurs sciemment la désinformation, avec pour objectif de saper la confiance dans la démocratie. C’est ce que l’on appelle le sharp power ». Et puis il y a nous tous, journalistes ou consommateurs de médias, parents ou éducateurs, qui avons notre part de responsabilité. D’autant que s’est banalisé depuis des décennies un certain relativisme au nom duquel il ne saurait exister de vérité, seulement des vérités, au pluriel, faisant perdre parfois de vue qu’il existe un réel indépendamment de nous. Ce relativisme a sans doute pavé la voie vers la crise anthropologique que nous traversons, qui contient et dépasse à mon avis largement la seule crise de confiance dans les médias professionnels. Lucas Menget La responsabilité des politiques est flagrante. La nuit du vote du référendum sur le Brexit, la question la plus posée sur Google est La Grande Bretagne fait-elle partie de l’Union Européenne ? ». Intoxiqués par une campagne mensongère les fameux 300 milliards d’euros par semaine que l’Angleterre allait récupérer, le public ignorait ce sur quoi il votait. Il faut donc aussi démonter le discours des politiques. Les seules batailles que l’on est sûr de perdre sont celles que l’on ne mène pas. Il faut se confronter non seulement aux fake news » Steve Bannon, le directeur de campagne de Trump, disait J’adore quand mes fake news deviennent votre réalité ». Entre les manipulations politiques et les dérives complotistes, peut-on encore retrouver la vérité ? Rudy Reichstadt Cette citation est indissociable d’une vision orwellienne du monde, inversée, où le vrai est faux et le faux est vrai. Umberto Ecco disait que les réseaux sociaux ont mis sur le même plan la parole d’un prix Nobel et celle du premier imbécile venu. Et l’on commence à spéculer sérieusement sur l’avènement d’un âge de la bêtise »… Mais ce n’est pas une fatalité. Les seules batailles que l’on est sûr de perdre sont celles que l’on ne mène pas. Il faut se confronter non seulement aux fake news, mais aussi à ceux qui les diffusent en montrant quel est leur projet, en retournant contre eux l’une des questions favorites des complotistes À qui cela profite-t-il ? ». Prenez l’exemple de ce journaliste gilet jaune » qui a interpellé récemment Jean-Michel Apathie dans la rue en l’accusant d’être au service des puissants » il termine sa série d’invectives en se plaignant qu’on ne puisse plus faire de quenelles », ce geste antisystème » inventé par Dieudonné et qui revêt, de manière codée mais évidente pour qui prend la peine de s’y intéresser, une connotation clairement antijuive. Lucas Menget Il y a un espace pour la vérité. On peut encore la chercher et la diffuser. C’est le métier des vrais journalistes. Cela nous demande de descendre dans l’arène. C’est ce qu’a fait Céline Pigalle, la directrice de la rédaction de BFM TV. Elle est allée à la rencontre des gilets jaunes qui manifestaient en bas de BFM pour répondre à leurs questions et leurs attaques. C’est un tribunal populaire auquel elle fait face. Elle répond, elle argumente, elle explique. C’est ce que font tous les journalistes de France Info, dans des conditions parfois très difficiles démontrer la qualité de notre travail et l’importance d’une information vérifiée et véridique. À nous de retourner sur le terrain avec notre carte de presse, sur le front, et de faire notre métier. C’est courageux et c’est nécessaire. Alexandre Kouchner Si nous sommes dans l’âge de la connerie, n’oublions pas cette citation de Michel Rocard Il faut toujours préférer l’hypothèse de la connerie au complot. La connerie est courante. Le complot exige un esprit rare. » SUR LE MÊME SUJET > On peut être conspirationniste en raisonnant très bien » > Christopher Priest La réalité n’est rien d’autre qu’un consensus » > Fake news » la réponse française se précise > Acheter 1000 retweets, c’est 3 dollars » > YouTube ne recommandera plus de vidéos complotistes > Les ambitions des trolls russes sont sans limites » > Complotisme peut-on guérir les Français ? Image à la une © NASA / Neil A. Armstrong
Ensomme, le débat autour des romans atteste plus de la coexistence et de la concurrence de deux conceptions de la vérité, ainsi que du refus d’une partie des élites intellectuelles de les voir se concilier, que d’une entreprise destinée à protéger les intérêts particuliers des auteurs de fictions chevaleresques, même s’ils ont naturellement pu jouer de la confusion. À la
La presse américaine, comme le gouvernement américain, est une institution corrompue et troublée. Corrompu non pas tant dans le sens qu’il accepte des pots-de-vin mais dans un sens systémique. Elle ne fait pas ce qu’elle prétend faire, ce qu’elle devrait faire et ce que la société attend de lui, c’est à dire, être impartial et dire la vérité et rien que la vérité. Et malheureusement, c’est valable aussi pour la presse médias d’information et le gouvernement sont enlacés dans un cercle vicieux de manipulation mutuelle, de fabrication de mythes et d’intérêt personnel. Les journalistes ont besoin de crises pour dramatiser les informations, et les responsables gouvernementaux doivent sembler réagir aux crises. Trop souvent, les crises ne sont pas vraiment des crises mais des fabrications conjointes. Les deux institutions sont devenues tellement piégées dans un réseau symbiotique de mensonges que les médias sont incapables de dire au public ce qui est vrai et que le gouvernement est incapable de gouverner efficacement. Telle est la thèse avancée par Paul H. Weaver, ancien politologue à l’Université Harvard, journaliste au magazine Fortune et responsable de la communication d’entreprise chez Ford Motor Company, dans son analyse provocante intitulée News and the Culture of Lying Comment fonctionne vraiment le journalisme . Les journalistes et les politiciens sont pris au piège dans un réseau symbiotique de mensonges qui induit le public en par exemple, le long effort dans les années 80 pour éliminer le déficit fédéral, centré sur l’amendement Gramm-Rudman-Hollings. Pendant plusieurs années, les journaux, les magazines et les journaux télévisés ont publié des centaines d’articles sur les débats sur Gramm-Rudman, les opinions de toutes sortes d’experts sur l’urgence de réduire le déficit et la promulgation éventuelle de la législation. Les politiciens ont postulé – et ont été décrits – comme travaillant avec diligence pour maîtriser le déficit. Quiconque lisait un journal ou regardait les journaux télévisés a reçu le message que le Congrès et l’administration Reagan luttaient héroïquement et douloureusement pour contenir les dépenses gouvernementales et réduire le déficit. Derrière l’écran de fumée, cependant, les comités du Congrès et les fonctionnaires fédéraux augmentaient les dépenses et ajoutaient de nouveaux programmes dans les processus de budgétisation et de dotation annuels de routine. Lorsque les journalistes ont rendu compte d’un nouveau programme, ils l’ont généralement qualifié de bonne nouvelle – le gouvernement s’attaque à un autre problème – plutôt que comme un ajout au budget et au déficit. Les journalistes ont conspiré avec les politiciens pour créer l’image d’un gouvernement luttant pour mettre fin à la crise du déficit, mais ils ont ignoré les procédures de routine qui ont augmenté le déficit. En conséquence, écrit Weaver, il n’y a eu aucun reportage sur le fait que le gouvernement augmentait le déficit, même si c’était ce qui se passait».Les médias d’information et le gouvernement ont créé une mascarade qui sert leurs propres intérêts mais induit le public en erreur. Les fonctionnaires obligent les médias au besoin dramatique en fabriquant des crises et en gérant leurs réponses, renforçant ainsi leur propre prestige et leur pouvoir. Les journalistes rapportent consciencieusement ces fabrications. Les deux parties savent que les articles sont des manipulations auto-agrandissantes et ne parviennent pas à informer le public sur les questions plus complexes mais ennuyeuses de la politique et de l’activité du gouvernement. Ce qui a émergé, soutient Weaver, est une culture du mensonge. La culture du mensonge», écrit-il, est le discours et le comportement des fonctionnaires cherchant à mobiliser les pouvoirs du journalisme pour soutenir leurs objectifs, et des journalistes cherchant à coopter des fonctionnaires publics et privés dans leurs efforts pour trouver et couvrir histoires de crise et d’intervention d’urgence. C’est le moyen par lequel nous, Américains, gérons la plupart de nos activités publiques et une grande partie de nos activités privées ces jours-ci. » Le résultat, dit-il, est une déformation du rôle constitutionnel du gouvernement en une institution qui doit continuellement résoudre ou sembler résoudre les crises; il fonctionne dans un nouveau et puissant mode de fonctionnement d’urgence permanent».
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1Dans une acception large, toute relation entre individus supposerait une manipulation », dans le sens où chacun souhaite infléchir la pensée ou l’action de son interlocuteur, le comprendre », étymologiquement avec et prendre p. 12. L’ouvrage se propose de définir et de décrire les actes de langage manipulatoires » p. 14, en les catégorisant plus spécifiquement. Pour ce faire, Patrick Charaudeau consacre ses trois premiers chapitres aux rapports qu’entretient le sujet avec la vérité, à la manière dont la vérité peut être travestie par la négation, et aux moyens stratégiques pour tromper autrui. 2Ces catégories sont utiles à l’auteur pour développer son point de vue sur la post-vérité » au quatrième et dernier chapitre, à une époque où il est commun de parler de faits alternatifs, de fake-news, d’infox, d’intox, ces fausses nouvelles » qu’il qualifie de contre-vérités » p. 126. Selon le dictionnaire d’Oxford, la post-vérité insiste sur l’aspect émotionnel des croyances […] “un adjectif défini comme se rapportant à ou dénotant des circonstances dans lesquelles les faits objectifs ont moins d’influence sur l’opinion publique que les appels à l’émotion et aux croyances personnelles” » p. 122. Du point de vue langagier, l’auteur s’intéresse à la vérité des faits objectifs, en leur croyance ou non, puis à leur transformation en ce qu’il nomme la contre-vérité », qui supposerait une crédulité » des individus quand ceux-ci y adhèrent sans discuter malgré le rétablissement de la vérité p. 137-140. Voilà le triomphe de la négation et de l’opinion sans dialogue, le refus du sens par la foutaise », dont l’objectif serait moins de dire vrai que de nier la vérité en se faisant passer pour vrai en produisant une grande force émotionnelle p. 154. 3S’appuyant sur des travaux de sociologie et de psychologie sociale, P. Charaudeau dépeint une humanité composée d’individus qui croient plus facilement ce qu’ils veulent croire vrai plutôt que ce qui est vrai, qui se confortent dans leurs croyances et s’y réfugient, par simplicité, par désir d’appartenance à une communauté partageant ces idées sur les réseaux sociaux notamment, malgré l’existence de raisons rationnelles de ne pas y croire. Comme première critique, il me semble qu’il aurait été intéressant d’argumenter en quoi la science normale, dans ses pratiques communautaires, échappe à ces définitions. 4L’auteur déplore ce temps des post-vérités, celui où la vérité est massivement négligée dans un monde postmoderne où l’information numérique circule vite, mondialement, provenant d’une hétérogénéité de sources créant un brouillage entre le vrai et le faux ». Ne pas s’en préoccuper serait un manque à exercer son propre jugement et sa liberté intellectuelle, […] en tant qu’il témoigne d’une confusion quant aux normes de la croyance et du jugement conduisant à une perversion des buts de la vie intellectuelle » en reprenant les propos du philosophe analytique Pascal Engel, p. 151. 5Ce n’est que vers la fin du livre p. 140-162 que l’on comprend le problème politique de l’auteur, qui réside dans une certaine conception de la démocratie définie comme l’expression de la souveraineté populaire. […] Il est [alors] nécessaire que le peuple soit correctement informé pour pouvoir exercer ce droit en étant le plus éclairé possible sur les affaires de la cité ». Cette métaphore de la lumière est à entendre dans un sens assez normal pour faire des choix démocratiques, il faut connaître et maîtriser la réalité afin d’agir dessus, cette réalité étant rationnellement appréhendée par ceux qui produisent le savoir de référence à l’aide d’outils objectifs, en l’occurrence les savants, les experts », et les journalistes. 6L’auteur défend le devoir de vérification par les médias, leurs pratiques de désintoxication par fact-checking et d’évaluation de la crédibilité des experts, ces rubriques de décodage de l’actualité qui rétablissent le bien-fondé de la circulation d’un énoncé. Si l’auteur nous rappelle qu’une information est toujours une construction et donc émise d’un certain point de vue, il insiste sur la responsabilité des journalistes quant aux conséquences de leurs publications, en termes de manipulation involontaire » des lecteurs, par le simple fait de publier une information plutôt qu’une autre à moment précis. 7Du point de vue langagier, l’expression fait objectif » n’aurait pas de sens, car les faits appartiennent à la réalité brute, et c’est le regard que l’on porte dessus qui peut être dit objectif ou subjectif, à travers la façon de décrire cette réalité, dans une circonstance de parole donnée » p. 123. Il y aurait donc d’un côté le monde des faits, et de l’autre le monde du point de vue, chacun permettant de définir un type de savoir issu de représentations construites par le langage. Lorsque le discours tend à l’objectivité des descriptions et des explications sur le monde, par l’usage de méthodes et d’outils d’analyse scientifiques, il peut définir des lois indépendantes du point de vue du sujet hors-sujet » et de tout acte d’énonciation, en produisant un savoir de connaissance » p. 28-30 à propos du fonctionnement des phénomènes extérieurs à toute pensée. Quand ce savoir est savant », et non de révélation », il est ouvert à la discussion et à la critique, à la réfutation et à la vérification. La posture épistémologique défendue par P. Charaudeau, qui engage l’existence d’un monde s’imposant au sujet, pourrait être qualifiée de réaliste bien que l’auteur ne se qualifie pas comme tel. Les vérités se donnent à voir dans des formes particulières, reconnaissables et mises en scène selon certaines règles socialement admises il s’agit de figures de vérité ». Celles qualifiées de scientifique[s] » p. 38-39 s’appuient sur des procédures rationalisantes » qui aboutissent à des discours de démonstrations soumises à la contradiction, et admises comme vérités provisoires. C’est ainsi que le sujet se fait porte-parole d’une vérité sur le monde vérifiable par tout un chacun qui reproduirait les mêmes opérations en utilisant les mêmes instruments et les mêmes procédures indépendantes du sujet, opérations qui confèrent aux énoncés un statut d’objectivité. Alors que je vois dans ce rôle de porte-parole les fondements de l’autoritarisme des sciences modernes, P. Charaudeau semble être attaché à cette épistémologie. Bien qu’il rappelle que l’interprétation ne représente pas la réalité du monde mais le réel signifiant qui est construit à partir de celle-ci […] » p. 124, il insiste sur l’importance de ne pas nier cette réalité. 8Le savoir de connaissance est distinct d’un savoir de croyance » p. 30-33 qui dépend non plus du monde extérieur mais de sa propre subjectivité, d’un parti pris, d’un jugement du sujet in-sujet ». Le sujet s’impose au monde de deux manières. Quand il le juge par rapport à une échelle de valeurs éthique, esthétique, pragmatique engageant le sujet, il produit un savoir d’opinion », qui n’énonce pas une vérité sur le monde, mais un point de vue sur les vérités du monde » p. 32. Quand il décrit le monde, il produit un savoir d’expérience » en supposant que ce qu’il a pu éprouver lui-même est éprouvable par tout autre individu dans la même situation. Au savoir d’expérience correspond une figure de vérité dite factuelle ». Un énoncé sur un fait est alors considéré comme vrai s’il est cohérent et vérifié par la perception et le raisonnement de chacun, ou encore par un savoir de croyance commun ». 9Les motifs de manipulations de la vérité sont de divers ordres par exemple la croyance absolue, l’intention de nuire ou encore l’amusement. Les contre-vérités peuvent procéder par la modalité de négation des faits, ce qui engendre un discours négationniste » p. 126-128 quand elles produisent des explications contestant l’existence de faits, un autre storytelling » et des faits alternatifs », comme le font par exemple les communautés de platistes, les anti-vaccins ou les climato-sceptiques. Les contre-vérités peuvent aussi procéder par invention » de faits, par exemple lorsque Donald Trump relaie des messages conspirationnistes. Se pose alors la question des intentions, conscientes ou non, de l’émetteur de telles contre-vérités. S’il en est pleinement conscient, il s’agit d’un mensonge qui masque ce qu’il pense p. 59-61. Quand il refoule son savoir, quand il adhère honnêtement à ce qu’il énonce, quand il refuse inconsciemment ce qu’il sait, pense ou pourrait savoir », il s’agit de dénégation » p. 62-65. L’incertitude induite dans le rapport qu’entretient le sujet à son savoir ne peut être reconnue que par un tiers extérieur qui peut qualifier cette attitude de déni ». Ce doute sur la sincérité du sujet rapproche le déni de la mauvaise foi » p. 65-70, à ceci près que dans ce dernier cas le sujet veut croire en ce qu’il dit dans un acte de faux-semblant, en taisant ou mettant en sourdine ce qu’il pense. 10Je déplore avec l’auteur le manque de discussion et de volonté de construction que l’on peut conférer à des attitudes telles que le mensonge, ou certaines impostures grossières. Je suis moins convaincu par l’intérêt des catégories d’analyse proposées plus nombreuses dans le livre que celles que je mobilise ici, un peu simplement descriptives et attendues, qui, j’en ai bien peur, sont peu propices à la transformation du monde. Par exemple, en quoi le déni, la mauvaise foi et les manipulations ne seraient-ils pas à l’œuvre dans les pratiques scientifiques ? Que resterait-il des grands partages habituels entre connaissances et croyances ? 11Pour souhaiter les maintenir, il faudrait s’accorder sur le postulat de l’auteur soutenant que la démocratie a besoin d’un pacte de confiance » entre le peuple et ses dirigeants, et que pour cela le peuple [doit être] informé et bien informé » p. 158. Il m’est difficile de ne pas y voir les mêmes travers qu’avec ce que certains nomment le déficit de connaissances », supposant que la non-acceptation sociale du peuple ignorant reposerait sur son manque d’information. Cela revient à donner toujours plus de pouvoir à certains, et moins à d’autres. C’est pourquoi là où l’auteur voit une fuite de la vérité, mon regard se porte plutôt sur le triomphe de la société des experts et sur les problèmes démocratiques que suppose ce surplus de légitimité, au-devant de la scène à l’heure de la crise sanitaire liée au coronavirus, tout autant qu’une pratique intellectuelle qui consiste plus à checker qu’à engendrer une enrichissante discussion démocratique. Il me semble que ce n’est pas en maintenant ces distinctions entre savoirs de connaissance et savoirs de croyance que nous pourrons échapper à l’autoritarisme de ceux qui imposent les contre-vérités tromperie » p. 160 ou de ceux qui pensent la détenir.

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